
Au Mexique, le president sortant Vincente Fox ne donnera pas le cri de l'independance sur la place centrale de Mexico.
Après 48 jours de resistance civile pacifique, les partisans d'Andrès Manuel Lòpez Obrador ont obtenu une victoire plus que symbolique: le president encore en activite, Vincente Fox, devra pousser le fameux "grito", cri de l'independance, dans la ville de Dolores Hidalgo, dans l'etat de Guanujuato. "Victoire", crient les uns, "prudence et responsabilite", pretendent les proches du president. Toujours est-il qu'aucun president elu n'avait encore du donner son dernier cri dans une autre ville que la capitale. L'histoire en a voulu autrement pour le 196ème anniversaire de l'independance mexicaine.
C'est dans une effervecence la plus totale que 100 millions de mexicains s'appretent à celebrer l'independance de leur pays. Les places arborent fièrement drapeaux et decorations en tout genre à l'efigie de leur nation. Les rues de la capitale sont noires de monde et personne ne porte d'autres couleurs que le vert, le blanc et le rouge.
Ce mois de septembre marque une cesure dans la vie politique et institutionnelle du Mexique. Obrador va, ce 16 septembre, etre proclame president, elu legitimement par le peuple, et va ouvrir la nouvelle Convention nationale democratique.
Il est 17h sur la place centrale de Mexico (el Zòcalo), le "Ghandi d'Amerique du Nord" comme ils l'appellent ici, prend la parole. Il remercie tout d'abord la foule, venue en masse l'ecouter, pour son comportement irreprochable. "En 48 jours, nous ne sommes tombes dans aucune provocation. Nous avons fait une resistance civile pacifique exemplaire, comme on n'en avait jamais vu dans notre pays". Il ajoute: "Commençons ensemble une nouvelle ère. Inaugurons une nouvelle republique, digne, juste, en laissant derrière nous un gouvernement de corruption, un gouvernement de privilèges". La foule exulte et lui repond: "c'est un honneur d'etre à tes cotes". Il finira son discours un peu fatigue et très emu par un "Viva Mexico", comme un prelude au "grito" que poussera finalement Alejandro Encinas Rodriguez, le maire actuel de Mexico, un membre du parti revolutionnaire democratique (PRD) et proche d'Obrador.
De son cote, Vincente Fox, a du faire face à de nombreuses critiques à l'interieur de son propre parti, le parti d'action nationale (PAN). Beaucoup d'elus voyaient d'un mauvais oeil le fait qu'il pousse le "grito" dans une autre ville que Mexico. Finalement ranges derrière leur leader, les proches de Vincente Fox ont trouve sa "decision prudente et responsable, en vue d'eviter d'eventuels affrontements" entre les sympatisants des deux cotes.
Il est 23h, Alejandro Encinas Rodriguez sort au balcon du palais national. Il crie "Viva Mexico" devant une foule en delire. Une autre etape est franchie dans la vie politique du Mexique. A present, les partisans de Lòpez Obrador et de la Convention nationale democratique ont leve leur campement installe depuis 48 jours dans la capitale; et il reste deux mois et demie avant l'investiture de Felipe Calderòn, le president elu le 2 juillet dernier. D'ici là, beaucoup de choses peuvent se passer. Obrador entrainera une dernière fois la foule: "On ne va pas rendre les armes. La revolution continue".
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